Gawain et le Chevalier Vert, le film de 1973Feu vert cinéma

Gawain And The Green Knight (1973)

Sorti en Angleterre en juin 1973.
Diffusé à la télévision française.

De Stephen Weeks (également scénariste), sur un scénario de Philip Breen (également producteur), d’après le seul manuscrit survivant du poème médiéval du 14ème siècle. Avec Murray Head, Ciaran Madden, et Nigel Green.

Notre conte a été chanté des siècles durant par les bardes : la légende de Gawain et du Chevalier Vert. Il y a bien longtemps, quand les dieux païens hantaient le monde et les hommes de bien espéraient des miracles, à Camelot : nombreuses sont les années qui ont passées depuis la fondation de la Table Ronde. Les guerres ont cessé, le royaume s’est avachi, la chevalerie a déclinée et les idéaux chevaleresque sont négligés. Seul Gawain, simple écuyer, prie pour vivre la gloire et l’aventure d’un chevalier. Le roi Arthur vieillissant craint pour son règne, et convoque alors ses chevaliers pour un banquet, un banquet dont il s’assurera que ses invités n’oublieront jamais.

Le roi demande soudain que le cuisinier retire la tête de cochon qu’on vient de lui servir, car la nourriture — en fait l’entier banquet — lui retourne l’estomac. Et comme un chevalier attablé veut commencer à manger, le roi, cinglant, le lui interdit et même se lève pour insister : ils ont beaucoup trop festoyé ces dernières années, ils ont bu trop de coupes de vin, alors ce soir, pas une miette de pain, pas de goulée de vin, jusqu’à ce qu’il sache que les hommes avec lesquels il festoie mérite encore le nom de chevaliers. Et à ces mots, une lumière verte jaillit à l’entrée de la salle du banquet, et un homme barbu aux cheveux longs gris-vert à la cape verte parait sur un chevalier blanc drapé de vert. Le barbu s’étonne : que voilà un riche festin et pourtant le trône est vide ? à cela, le roi répond indigné que l’inconnu a peut-être trouvé un château avec des gardes endormis, mais pas une cour sans son roi.

L’inconnu met pied à terre et se mesure au roi, qui recule devant qui est en réalité un géant brandissant son bâton. Le géant sourit : par son bâton, le roi doit voir qu’il vient en paix et que tout ce qu’il veut, c’est s’amuser sportivement. Puis le géant fait tourner son bâton — qui se transforme en hache, faisant crier d’horreur les invités. Le roi n’est pas rassuré mais répond fermement que la hache suggère sans doute le genre de sport que recherche le géant : un combat à mort d’homme à homme ? Le géant réplique que ce genre de combat est le reflet de l’époque ancienne du roi, et les vieilles traditions doivent faire place pour les nouvelles : le géant préfère pour sa part le genre de sport qui suit les saisons. Et de se retourner vers les invités, à qui il présente sa hache, la fait tourner deux fois, propose aux plus proches chevaliers de la soupeser, mais ils ont trop peur pour oser le faire. Le géant rit, fait tourner une troisième fois la hache, vantant le tranchant et l’authenticité de l’arme — ces lames jumelles n’ont pas d’égales. Il frappe le vide, puis se retourne vers le roi Arthur et prétend lui offrir la hache, la déposant aux pieds du roi.

Puis tournant le dos à la hache et au roi, déclare qu’il va à présent s’agenouiller devant l’assistance, le cou à découvert, pour n’importe lequel des hommes présents qui voudra remplir la tâche de lui décoller la tête de ses épaules. Puis il invite un volontaire à ramasser la hache, s’agenouillant et comme personne ne vient, il insiste qu’il n’y aura aucun tour, qu’il n’essaiera pas de se défendre, agenouillé, prêt pour recevoir un coup, un seul, pas un de plus. Tout ce qu’il demande, c’est qu’il soit autorisé à la rendre, de manière légère. Il éclate de rire : c’est un jeu tout simple, une découpe pour une découpe, n’y a-t-il personne pour jouer à son jeu ? Personne ne répond.

Le géant se relève et devient menaçant : quelle genre de cour est-ce donc ici ? où est leur fierté, leur vaillance, leur courage ? Il s’agenouille à nouveau, et le roi Arthur regarde ses chevaliers immobiles et silencieux tout autour. Le géant, tête baissé, rappelle qu’il attend et que son cou refroidit. N’y tenant plus, le roi Arthur s’écrie que si le géant est si prompt à rechercher la folie, alors par le ciel il la trouvera : lui, Arthur, prendra la hache lui-même et... Comme le roi joint le geste à la parole et ramasse la hache du géant, un jeune écuyer appelle le roi, puis saute la table pour le rejoindre tandis que le chevalier qu’il le traite d’idiot et lui demande ce qu’il fait. Mais le jeune écuyer demande déjà au roi qu’il lui accorde le défi, et que la découpe lui revienne.

La foule des chevaliers s’indigne, mais le roi Arthur les fait taire. Puis constate que s’il y a peu il les avait défié à lever les doutes sur s’ils méritaient le nom de chevaliers, il voit bien à présent qu’il n’y a plus de place pour le doute : un seul homme a eu le courage de relever le défi, et si cet homme n’est qu’un humble écuyer, qu’il vienne à lui — et le roi Arthur le fait chevalier. Le défi est à présent accepté, déclare le roi et il prévient Gawain qu’il n’aura qu’une seule chance d’éviter que le coup de hache lui soit retourné. Puis comme Gawain se présente devant le géant qui s’est relevé, il remarque qu’il est peut-être trop tard pour le demander, mais il aurait voulu savoir son nom et sa maison. Le géant répond que Gawain sait tout ce qu’il a à savoir et s’agenouille : que le jeu commence.

Gawain lève la hache, et la tête du géant roule à terre, yeux grands ouverts. Mais le corps décapité du géant se relève et va ramasser sa tête dont les yeux bougent, puis la recolle sur ses épaules et à pas lents revient devant Gawain et lui prend la hache. Alors Gawain s’agenouille à son tour, résigné. Mais le géant déclare qu’il était venu défier un homme, pas un petit garçon, et il serait chose désolante d’en tuer un si jeune, parce qu’il est encore vert, et sans instruction : il lui donne une année de plus pour faire pousser sa barbe et faire comme bon lui chante, et s’il choisit de partir à sa recherche, le géant lui laissera le choix de l’arme pour le vaincre en combat singulier. Mais si quatre saisons ont passé et que Gawain ne l’a pas retrouvé, le géant clamera son droit à retourner le coup de hache que Gawain lui doit. Comme le géant s’en va, Gawain s’exclame : mais comment fera-t-il pour retrouver le géant. Celui-ci se retourne et répond qu’il lui enverra des signes et des guides, pour le mettre sur le bon chemin.

***

La semence de l'homme, le film de 1969Feu orange cinéma

Il Seme dell'uomo (1969)

Sorti en Italie le 27 septembre 1969.

De Marco Ferreri (également scénariste), sur un scénario de Sergio Bazzini. Avec Marzio Margine, Anne Wiazemsky et Annie Girardot.

Pour adultes.

Une poupée de chiffon à la main, une jeune femme déclare à l’écran : « je reviens à l’antenne pour vous donner quelques recommandations : un panneau de cette couleur (jaune) signifie que la zone est infectée. Jaune égale peste. »

Nous sommes dans un restaurant autoroutier et au mot peste l’un des nombreux clients s’est retourné vers l’écran, tandis que la jeune fille ajoute de ne pas s’inquiéter car ils ne verront pas de panneaux de cette couleur. Tandis que les clients continuent de déjeuner avec le sourire, un homme commente que le rapport ne s’attarde pas sur les précédents historiques, mais adopte vite le ton bureaucratique d’un musée des horreurs ; ses conclusions sont alarmante. À l’une des tables du restaurant, une jeune femme n’a pas touché à son hamburger et se ronge l’ongle du pouce. Son compagnon assis en face mange au contraire d’un bon appétit mais semble aussi attentif qu’elle. Le commentaire d’images de destruction urbaine poursuit : seul un détachement armé spécialement équipé pourrait se protéger, à l’aide de systèmes de prévention et d’alerte, mais la population civile elle-même n’a aucun moyen de se défendre. Pourquoi cinquante années de trêve ont-ils été brisés ? À l’écran, une foule court dans tous les sens tandis que la ville s’écroule.

À la table, le compagnon de la jeune femme lui demande pourquoi elle ne mange pas. Elle répond qu’elle a un peu peur. Un jeune militaire débraillé rejoint la table de deux de ses camarades et repart en lançant à l’un d’entre eux qu’il n’a pas à s’inquiéter : tout ira bien. La jeune femme commence à grignoter son hamburger et son compagnon plaisante : elle va se disloquer la mâchoire à avaler d’aussi gros morceaux. Après un plan d’hélicoptères survolant bruyamment les champs et débarquant des soldats au sol, la speakerine annonce qu’une certaine Gabriella Ferri va leur chanter La Collanina (la fille des collines). Le compagnon de la jeune fille remarque que si ils partent maintenant, ils seront chez eux ce soir. La jeune fille répond qu’elle est prête à partir, mais elle n’en est qu’à la moitié de son hamburger. Ils se lèvent et quittent le restaurant et sa boutique, lui une guitare à la main et elle, sa radio.

Ils s’arrêtent en riant devant des jouets représentant des souris roses costumées : des monstres, rit la jeune fille. Assis dans leur petite voiture rouge sur le parking, ils tardent encore à démarrer tandis qu’un avion de chasse les survole. Le compagnon — Cino — dit à la jeune femme — Dora — de regarder l’hélicoptère garé à deux pas d’eux : c’est un sikorsky 61, un vieux modèle à douze places gardé par un soldat armé d’une mitraillette. On n’en construit plus, les nouveaux ont complètement changé de ligne. Cino démarre, fait le tour de la voiture et s’arrête presque aussitôt à la station de service-café-supérette voisine. Il achète une cannette d’Uniflo tandis qu’on leur offre à lui et à Dora un verre de Whisky J&B par les militaires. On leur demande où ils vont, le jeune homme répond qu’ils rentrent à la maison, à quatre cents kilomètres de là. Il remercie pour le whisky et ils s’en vont, on leur souhaite bon voyage.

La route est pratiquement déserte et les quelques petites voiturent filent, certainement plus vite que la voiture de Dora et Cino. Ils passent un tunnel et c’est le noir absolu, puis le bout du tunnel. La radio, qui jusqu’alors diffusait une chanson joyeuse en italien, se coupe et ne reste que quelques voix lointaines et des parasites. À la sortie du tunnel, un autocar en travers bloque une partie des voix. À l’intérieur, des gens qui semblent endormis, dont des enfants et le chauffeur. Après une hésitation, ils montent à l’intérieur. Ils sont tous morts. Ils repartent, tandis qu’un petit hélicoptère les survole — et les suit.

Un peu plus loin, ils sont escortés jusqu’à un campement militaire de l’armée. Le médecin refuse qu’ils soient exécutés : ils leur serviront de cobaye. Le couple est alors emmené sous la tente pressurisée, où un médecin à la blouse ensanglantée tente de ranimer une jeune femme. On leur demande s’ils sont mariés, Dora refuse de répondre. Puis on leur demande de trouver une maison isolée et d’y survivre et de prendre une pilule qui les immunisa contre les fléaux de l’ancien temps — mais ceux-là ne sont rien devant la menace actuelle. Dora a droit à une injection spéciale, réservée au femme. La femme inanimée est prononcée morte, puis elle et sa poupée sont incinérés un peu plus loin devant la tente, avec un tas d’autres cadavres. On leur recommande de dépenser leur dernier argent car il ne vaudra bientôt plus rien. L’un des militaire demande s’ils ont une raison de les laisser vivre. Le médecin répond que oui, et conseille à Dora et Cino de brûler les morts. Dora et son compagnon repartent à pieds chargés de leurs bagages, et en longeant la plage, ils trouvent effectivement une maison dont le propriétaire gît sur une chaise longue à l’entrée, un magazine à la main, le nez ayant saigné.

***

Chroniques de la Science-fiction du 16 août 2021

Chroniques de la Science-Fiction #2021-08-02 (2021)

Téléchargez ici l'exemplaire gratuit .pdf 29 pages A5 couleurs.

Ici bientôt l'index de toutes les Chroniques de la Science-fiction de 2021

Sorti le 15 août 2021 (première édition).

De David Sicé.

Les Chroniques sont une rubrique du fanzine l’Étoile étrange. Cette rubrique paraîtra désormais séparément pour tenir le rythme hebdomadaire de l'actualité de la Science-fiction même si le numéro complet de l’Étoile étrange n'est pas bouclé. Les numéros ont vocation à sortir rétroactivement et par anticipation, et donc à être mis à jour quand l'activité n'est pas complètement couverte.

Au sommaire, l'actualité de la semaine du 9 août 2021, plus les critiques de Loups garous 2021, Dark Web Cicada 3301 - 2021, F.P.1 ne répond plus 1932, Kull le Conquérant 1997, Labyrinthe 1986, Stardust 2007, The Cell 2000, Terreur extraterrestre 1980, What If 2021.

***

2:22 (deux heures vingt-deux), le film de 2017Feu orange cinéma

2:22 (2017)

... à ne pas confondre avec 2:22 le film avec Val Kilmer de 2008.

Sorti aux USA le 30 juin 2017.
Sorti en blu-ray américain le 26 septembre 2017.
Sorti en blu-ray allemand le 10 novembre 2017.
Sorti en blu-ray français le 8 mars 2018.

De Paul Currie, sur un scénario de Nathan Parker et Todd Stein ; avec Michiel Huisman, Teresa Palmer, Sam Reid.

Pour adultes et adolescents.

Grand Central Station, la gare des trains de New-York. Une femme réalise qu’un cache un revolver dans son dos. Alerté par ses cris, les policiers dégainent et tentent d’écarter les voyageurs affolés. L’homme met en joue un autre homme qui l’a aussi mis en joue tandis qu’il a passé son bras autour de la taille d’une autre femme. Il est deux heures vingt-deux exactement à la grande horloge du hall de la gare de New-York.

Le matin, un homme — Dylan Branson — se lève et s’habille se demandant s’il est possible de faire un rêve aussi réaliste. Il sort de son immeuble et part à vélo dans les rues de Manhattan. Il prend le métro, se rend à l’aéroport, ouvre une porte avec une carte électronique pour prendre son poste de contrôleur aérien : un jeu pour lui de trouver de l’ordre dans le chaos. Les jets se succèdent dans les airs et sur la piste et ils se servent de réglettes qu’ils garnissent de tickets pour aligner les différents vols qui peuvent se croiser dans les airs de très près, au point que l’un atterrit sur la piste d’où l’autre vient juste de décoller. Après le service, l’équipe va prendre un verre au bar, puis l’homme va prendre l’air avec l’une de ses collègues qui lui offre des tickets pour un ballet aérien en guise de cadeau d’anniversaire. Mais elle ne viendra pas voir le spectacle avec lui, car elle sort avec quelqu’un. Ils n’étaient pas faits l’un pour l’autre en déduit l’homme et un jour il trouvera celle qui l’est, selon la jeune fille. Ils disent que les gens sont imprévisibles, mais en réalité nous aimons tous notre routine, et lui ne voit que les motifs qui se répètent dans la routine quotidienne.

De retour à la tour de contrôle. Des réglettes à nouveau que l’on crée, qui filent, que l’on jette à la corbeille. À bord de ce vol-là, une jeune fille admire le pont de Brooklyn de très haut. L’homme annonce que son vol doit se préparer à atterrir, puis il ordonne à un autre vol de se préparer à décoller. C’est alors qu’un trou d’air secoue le vol en approche. L’homme a alors la vision d’horloge indiquant 2 heures 22 et il reste figé, sans prévenir le vol en approche de se mettre en attente. Il prévient enfin le vol en attente, ordonne au vol qui décolle de foncer, les deux vols frôlent la collision et la jeune fille à bord en est horrifiée. Alors que tout le monde semble soulagé, l’homme constate qu’il est très exactement 2 heures 22 à l’horloge de la salle de contrôle.

L’homme est suspendu pour quatre semaines et verra son dossier passé en revue. Pour lui, la peine aurait dû être plus lourde : il a faillit tuer 900 personnes. Il rentre chez lui. Puis c’est à pieds qu’il arpente les rues de New-York et comme il est distrait par le passage d’un avion de ligne dans le ciel, il manque de se faire renverser. Plus tard, comme il marche dans le hall de Grand Central Station, il est surpris par l’une des constellations au plafond qui semble s’illuminer. Les étoiles fusent en direction d’une des baies vitrées, et à la surprise générale des visiteurs, la baie vitrée explose. L’homme se retourne vers la grande horloge du hall : il est exactement deux heures vingt-deux. Plus tard il se rend au spectacle de danse aérienne, et la jeune femme du vol en approche s’y trouve comme lui au premier rang. Il la remarque et elle le remarque.

***