Imprimer

Malpertuis, le film de 1972Feu orange cinéma

Malpertuis (1972)
Titre anglais : The Legend of Doom House, traduction : la légende de la maison maudite.

Attention, il existe plusieurs versions de ce film : Festival de Cannes 99 minutes (avec la voix d'Orson Welles), montage du directeur 119 minutes de 1973 (sans la voix d'Orson Welles).
Noter que la version originale de ce film est en flamand (Néerlandais Belge).


Présenté au Festival de Cannes le 10 mai 1972 dans une version de 99 minutes.
Sorti en France le 2 juin 1972.
Sorti en Espagne le 24 septembre 1976.
Ressortie en Belgique en version restaurée le 15 décembre 2023 (cinémathèque).
Ressortie internet Allemagne et France le 1er juin 2024.

De Harry Kümel, sur un scénario de Jean Ferry, d'après le roman de 1943 de Jean Ray aka Raymundus Joannes de Kremer, John Flanders, King Ray, Alix R. Bantam, Sailor John etc. ; avec Orson Welles, Susan Hampshire, Michel Bouquet, Mathieu Carrière, Jean-Pierre Cassel, Daniel Pilon, Sylvie Vartan, Jenny Van Santvoort, Jet Naessens, Cara Van Wersch, Cara Van Wersch, Fanny Winkler, Bob Storm, Gella Allaert, Hugo Dellas.

(Fantastique horrifique, Dark Fantasy, sorcier, monstre) Devant l’illustration du combat contre le Jabberwock de John Tenniel, extraite d’Alice de l’Autre côté du Miroir.

C’est joli, mais c’est un peu difficile à comprendre....
Il y a beaucoup de choses qu’Alice ne comprenait pas, mais elle ne voulait pas l’admettre.
Quelque part, cela me fait penser à plein de choses différentes... Mais je ne suis pas sûr quoi exactement.

NDT : paraphrase ou traduction altérée du passage où Alice confie ses impressions à Humpty Dumpty à propos du poème nonsensique Jabberwocky.

Le quai d’un port où un voilier se trouve amarré, passerelle jetée : des marins en débarquent, blanc et chemise rayée, avec leur sac, en hâte, riant, s’interpellant.

Embusqués derrière des piles de paniers d’osier, deux hommes – un d’âge mûr à chapeau melon, échappe et gants blancs, l’autre plus jeune blond à casquette (Mathias), se penchent pour observer la scène sans être vu des marins ou de leurs capitaines.

Le blond souffle au plus âgé : « J’peux pas le voir : peut-être que Jan n’est pas à bord ? » Le plus âgé a un sourire en coin, et répond : « Sois pas idiot, Mathias : s’il a dit que Jan est à bord, alors il est à bord. »

L’un des marins crie à un autre : « Ce soir je m’en fais trois d’un coup, oui, les trois en même temps ! » Il s’arrête sur le quai pour hêler en direction du voilier : « Jan ! Jan ! » (NDT prononcer « Yann »). Et à cet appel, un jeune marin blond, grand et mince apparait et va au bastingage.

L’homme âgé qui espionnait, triomphant, ricane, depuis derrière sa pile de paniers, et dit à son comparse : « Voilà le vaurien ! »

Pendant ce temps, l’autre marin sermonne le dénommé Jan : « Sois pas stupide, allez ! » Et un autre marin renchérit : « T’as qu’une seule nuit devant toi ! » Et un troisième ajoute : « On te trouvera un truc spécialement pour toi ! » Et le premier insiste : « Qu’est-ce que t’as ? »

Depuis son bastingage, Yann fait un geste de dédain, et ses compagnons semblent renoncer : « Qu’il aille au diable ! » « Dors tout seul si c’est c’que tu préfères ! »

Jan regarde ses trois camarades s’en aller ; les deux espions le guettent ; Jan baisse la tête et soupire. Mathias chuchote : « Jan n’y va pas avec eux ! »

Puis il demande à l’homme âgé : « Qu’est-ce que nous faisons ? » Et d’ajouter : « Cassavius va être furieux ! » L’homme âgé grimace. Puis il répond enfin : « Jan débarquera. » Puis : « Qu’est-ce que tu crois qu’il peut y faire ? »

Mathias est surpris : « Qu’est-ce que vous voulez dire ? » Et l’autre répond : « La Destinée, gamin, sa Destinée... »

Au bastingage, d’un coup Jan se décide et file pour descendre la passerelle. L’espion plus âgé ricane. Et comme il continue de rire, Jan se précipite dans leur direction.

« Attention ! » souffle le plus âgé, et les deux de battre retraite derrière leurs piles de paniers. Puis, le jeune marin étant passé salué par le cri des oiseaux marins, les deux espions ressortent de leur cachette pour le regarder s’éloigner.
Nous retrouvons Jan dans une rue pavée bordée d’immeubles plutôt cossu. Arrivé devant un hôtel particulier, il semble hésiter. Voilà qu’arrive une petite famille élégante : Monsieur, son costume, chapeau haut de forme, gilet et canne ; sa jeune épouse en robe et chapeau à fleurs roses, leur jeune garçon blanc en costume de marin, et sa jeune sœur, une poupée à la main presque aussi grande qu’elle.

Jan s’élance et interpelle : « Excusez-moi, Monsieur ! Connaissez-vous le Quai du Phare ? » Le père de famille hésite : « Laissez-moi réfléchir ? Le quai du Phare ? Non, non... »

Et pendant que son père hésite, le jeune garçon s’approche de Jan comme pour admirer le modèle de son costume à lui, et souriant, tire sur la veste de Jan. Le père remarque : « Je ne connais aucun Quai du Phare. »

Jan est très surpris et objecte : « Mais je suis né là-bas ! » Ce à quoi le père de famille répond avec autorité : « Je crains bien que vous ne fassiez erreur. » Mais c’est à l’épouse d’objecter en ramassant son jeune garçon « Oh, non, il ne fait pas erreur. » Relevée, elle précise : « Tu sais bien, ça s’appelle le Quai du Nouveau Pont maintenant. » Son mari s’étonne : « Vraiment ? »

Puis d’un coup le mari sourit : « Mais bien sûr ! Le quai du Nouveau Pont. » Il pointe une direction dans le dos de Jan : « C’est par là, jeune homme. » Alors son épouse grimace et pointe la direction opposée, pour corriger : « Par là, Herman ! » Et son mari de hocher la tête : « C’est ce que je disais, Ida ! » Et d’indiquer la nouvelle direction. Puis en hâte, il entraîne son épouse et ses enfants : « Allez, viens ! »

La direction de l’épouse semble la bonne, puisque Jan tombe en arrêt devant une plaque indiquant Niewe Brug Kaai. Puis le jeune marin continue de marcher le long du quai bordé de hautes maisons de briques noircies, aux grandes fenêtres et aux toits à pignons, nimbés de brume.

Jan s’arrête à nouveau, l’air décontenancé, devant l’entrée d’une petite boutique, le numéro 22, chez H. (NDT : Harry) Dickson et H. Dickson, avec un filet de pêche descendant de l’enseigne pour tomber sur le côté de la minuscule vitrine, flanquée d’un scaphandrier en tenue orange passé, au casque et aux lourdes bottes de métal. Sur un tabouet à l’entrée, un vieux marin en noir, à bonnet, s’astreint à repriser un filet aux mailes verdâtres.

Jan rejoint le numéro 22, puis sans saluer, interpelle le marin : « Qu’est-il arrivé à la maison qui se trouvait ici ? » L’homme relève la tête, et répond pas plus aimable : « Pourquoi vous demandez ça ? » Jan répond : « C’était ma maison, j’ai vécu ici. »

Le marin soupire, puis tapote le foyer de sa pipe sur le dessus de son sabot de cuir, pour en faire tomber la cendre. Il répond enfin : « ... ça a été détruit. »

Déconfit, Jan demande : « Quoi ? Quand ?! » L’autre lui répond : « Il y a un certain temps... » Jan objecte : « Mais les gens qui vivaient là ? Ma famille ? » L’autre répond encore : « Plus personne ne vit là maintenant ; la maison était vide ; elle l’a été des années durant... »

Dépité, Jan hésite, recule, s’en va. L’homme d’âge mûr qui l’espionnait à son débarquement se relève alors de derrière une barque retournée abandonnée sur le quai, imité par Mathias, son comparse plus jeune, qui demande : « Qu’est-ce qui va arriver maintenant ? » L’autre répond : « Il ira voir Nancy. » Mathias s’étonne : « Nancy ? Mais c’est impossible ! Elle est à Malpertuis ! » L’homme plus âgé au chapeau melon et à l’échappe blanche tance son comparse : « Silence ! » Et d’ajouter : « Regarde ça ! »

Devant eux, leur tournant le dos, Jan s’est figé : une femme passe sur un pont plus loin. Le visage de Jan s’éclaire, et il s’exclame : « Nancy ! » pour s’élancer aussitôt.

Mathias ne comprend pas : « Comment Nancy pourrait être aussi ici ! » Et son patron l’entraîne : « Quel idiot tu fais ! »

Jan court après la jeune femme blonde en robe bleu, et les deux autres lui courent après, dans le labyrinthe des rues pavées. Alors que Jan talonne la jeune fille, soudain, elle marche dans une autre rue au bout d’un passage voûté, et Jan de courir dans des rues toujours plus décrépites et désertes.

Jan dérape devant la vitrine illuminée d’un vieil horloger, attirant l’attention du boutiquier. Jan se redresse et cherche la jeune fille en bleu, mais les rues sont vides, et longues. Il repart en courant, et arrivé au bout, et essouflé, il semble prêt à abandonner. Mais il aperçoit à nouveau de dos la jeune fille blonde en robe bleue qui passe le coin de la rue. Ou une autre, presque identique.

Sûr de la retrouver, cette fois, Jan s’élance souriant. Mais passé le coin de la rue, le large passage est parfaitement désert. Les joues empourprés, Jan s’arrête au milieu, pour réfléchir.

C’est alors qu’un gamin maigre en guenilles, pieds nus, s’appuyant sur une béquille, sort d’une maison de la rue. Jan s’élance et lui demande : « Est-ce que t’as vu une fille ? »

Le gamin répond immédiatement : « Par là ! » Et pointe la direction en avant de la rue. Mais comme Jan veut repartir, le gamin le retient : « Hé, M’sieur, M’sieur, je ne suis pas d’ici ! Pouvez-vous m’aider ? Où est le Quai du Phare ? »

Jan voulait se dégager, mais aux mots « Quai du Phare » il sursaute et se dégage, pour partir en courant. Le gamin recule, reste au milieu de la rue. Arrive les espions qui trottent à la suite de Jan, et le plus âgé, en passant, pousse le gamin par terre. Et comme son comparse, Mathias, arrive juste après et essaie de relever le gamin, l’espion plus âgé attrape Mathias, et l’entraîne au loin, tandis que le gamin reste en vrac sur le pavé, face contre terre.

Malpertuis, le film de 1972

Malpertuis, le film de 1972

Malpertuis, le film de 1972

Malpertuis, le film de 1972

Malpertuis, le film de 1972

Malpertuis, le film de 1972

***

Ici la page du forum Philippe-Ebly.fr consacrée à ce film.

***