La semence de l'homme, le film de 1969Feu orange cinéma

Il Seme dell'uomo (1969)

Sorti en Italie le 27 septembre 1969.

De Marco Ferreri (également scénariste), sur un scénario de Sergio Bazzini. Avec Marzio Margine, Anne Wiazemsky et Annie Girardot.

Pour adultes.

Une poupée de chiffon à la main, une jeune femme déclare à l’écran : « je reviens à l’antenne pour vous donner quelques recommandations : un panneau de cette couleur (jaune) signifie que la zone est infectée. Jaune égale peste. »

Nous sommes dans un restaurant autoroutier et au mot peste l’un des nombreux clients s’est retourné vers l’écran, tandis que la jeune fille ajoute de ne pas s’inquiéter car ils ne verront pas de panneaux de cette couleur. Tandis que les clients continuent de déjeuner avec le sourire, un homme commente que le rapport ne s’attarde pas sur les précédents historiques, mais adopte vite le ton bureaucratique d’un musée des horreurs ; ses conclusions sont alarmante. À l’une des tables du restaurant, une jeune femme n’a pas touché à son hamburger et se ronge l’ongle du pouce. Son compagnon assis en face mange au contraire d’un bon appétit mais semble aussi attentif qu’elle. Le commentaire d’images de destruction urbaine poursuit : seul un détachement armé spécialement équipé pourrait se protéger, à l’aide de systèmes de prévention et d’alerte, mais la population civile elle-même n’a aucun moyen de se défendre. Pourquoi cinquante années de trêve ont-ils été brisés ? À l’écran, une foule court dans tous les sens tandis que la ville s’écroule.

À la table, le compagnon de la jeune femme lui demande pourquoi elle ne mange pas. Elle répond qu’elle a un peu peur. Un jeune militaire débraillé rejoint la table de deux de ses camarades et repart en lançant à l’un d’entre eux qu’il n’a pas à s’inquiéter : tout ira bien. La jeune femme commence à grignoter son hamburger et son compagnon plaisante : elle va se disloquer la mâchoire à avaler d’aussi gros morceaux. Après un plan d’hélicoptères survolant bruyamment les champs et débarquant des soldats au sol, la speakerine annonce qu’une certaine Gabriella Ferri va leur chanter La Collanina (la fille des collines). Le compagnon de la jeune fille remarque que si ils partent maintenant, ils seront chez eux ce soir. La jeune fille répond qu’elle est prête à partir, mais elle n’en est qu’à la moitié de son hamburger. Ils se lèvent et quittent le restaurant et sa boutique, lui une guitare à la main et elle, sa radio.

Ils s’arrêtent en riant devant des jouets représentant des souris roses costumées : des monstres, rit la jeune fille. Assis dans leur petite voiture rouge sur le parking, ils tardent encore à démarrer tandis qu’un avion de chasse les survole. Le compagnon — Cino — dit à la jeune femme — Dora — de regarder l’hélicoptère garé à deux pas d’eux : c’est un sikorsky 61, un vieux modèle à douze places gardé par un soldat armé d’une mitraillette. On n’en construit plus, les nouveaux ont complètement changé de ligne. Cino démarre, fait le tour de la voiture et s’arrête presque aussitôt à la station de service-café-supérette voisine. Il achète une cannette d’Uniflo tandis qu’on leur offre à lui et à Dora un verre de Whisky J&B par les militaires. On leur demande où ils vont, le jeune homme répond qu’ils rentrent à la maison, à quatre cents kilomètres de là. Il remercie pour le whisky et ils s’en vont, on leur souhaite bon voyage.

La route est pratiquement déserte et les quelques petites voiturent filent, certainement plus vite que la voiture de Dora et Cino. Ils passent un tunnel et c’est le noir absolu, puis le bout du tunnel. La radio, qui jusqu’alors diffusait une chanson joyeuse en italien, se coupe et ne reste que quelques voix lointaines et des parasites. À la sortie du tunnel, un autocar en travers bloque une partie des voix. À l’intérieur, des gens qui semblent endormis, dont des enfants et le chauffeur. Après une hésitation, ils montent à l’intérieur. Ils sont tous morts. Ils repartent, tandis qu’un petit hélicoptère les survole — et les suit.

Un peu plus loin, ils sont escortés jusqu’à un campement militaire de l’armée. Le médecin refuse qu’ils soient exécutés : ils leur serviront de cobaye. Le couple est alors emmené sous la tente pressurisée, où un médecin à la blouse ensanglantée tente de ranimer une jeune femme. On leur demande s’ils sont mariés, Dora refuse de répondre. Puis on leur demande de trouver une maison isolée et d’y survivre et de prendre une pilule qui les immunisa contre les fléaux de l’ancien temps — mais ceux-là ne sont rien devant la menace actuelle. Dora a droit à une injection spéciale, réservée au femme. La femme inanimée est prononcée morte, puis elle et sa poupée sont incinérés un peu plus loin devant la tente, avec un tas d’autres cadavres. On leur recommande de dépenser leur dernier argent car il ne vaudra bientôt plus rien. L’un des militaire demande s’ils ont une raison de les laisser vivre. Le médecin répond que oui, et conseille à Dora et Cino de brûler les morts. Dora et son compagnon repartent à pieds chargés de leurs bagages, et en longeant la plage, ils trouvent effectivement une maison dont le propriétaire gît sur une chaise longue à l’entrée, un magazine à la main, le nez ayant saigné.

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