La Foire des Ténèbres, le film de 1983Feu vert cinéma

Sorti aux USA le 29 avril 1983, en Angleterre le 22 septembre 1983, en France le 25 janvier 1984.
Sorti en Laserdisc (bonus inclus dont commentaire).
Sorti en DVD espagnol (version française 2.0 incluse) le 22 mai 2020.
Sorti en blu-ray américain Disney Club Exclusive le 7 septembre 2021 (bonus non inclus).

De Jack Clayton, sur un scenario de Ray Bradbury d'après son roman, avec Jason Robards, Jonathan Pryce, Diane Ladd, Pam Grier, sur une musique de James Horner.

Pour adultes et adolescents.

Un train à vapeur avance dans la nuit noire, avec un gros phare à l’avant illuminant les rails. Le lendemain, le soleil brille sur les érables au bord du petit lac tranquille… D’abord, nous étions en octobre, un mois rare pour les garçons, plein de vents froids, de longues nuit, de ténébreuses promesses. Les jours raccourcissaient, les ombres s’allongeaient. Le vent vous réchauffait d’une telle manière que vous auriez voulu courir pour toujours à travers champs, parce que là-bas, droit devant, dix milles citrouilles attendaient d’être coupées.

C’était l’octobre de mes douze ans, lorsque le vendeur de paratonnerres arriva sur la route qui menait à Green Town (Ville Verte), dans l’Illinois, jetant des coups d’œil à la dérobée par-dessus son épaule. Quelque part pas si loin en arrière, il y avait un terrible orage et même aujourd’hui, en ces jours particuliers d’automne, quand l’air sent comme de la fumée et que les crépuscules sont orange et couleur de cendre, mon esprit retourne à Green Town, l’endroit où j’ai grandi. Et dans mon souvenir, je suis de retour sur la Grand Rue, parmi les voisins qui m’ont donné mes premiers aperçus des besoins craintifs du cœur humain : la boutique de cigares était la propriété de Monsieur Tetley, un homme obsédé par l’argent. Monsieur Crosetti, notre barbier — il a dû couper mes cheveux plus d’un milliers de fois — ne faisait que parler de dames exotiques que jamais il ne rencontrerait.
Je me souviens aussi d’Ed le barman, héros de football américain hier, (unijambiste aujourd’hui), toujours hanté par la course folle des trente-sept mètres sur le terrain désormais obscur de ses rêves. Notre institutrice était Mademoiselle Foley. Nous ne pouvions pas le croire, mais les gens disaient qu’autrefois, avant même que nous ne soyons nés, elle avait été la femme la plus belle de la ville. Et bien sûr, je peux encore voir dans mon souvenir Jim Nightshade (= Ombrenuit), mon meilleur ami, mon frère de sang, mon ombre.

Miss Foley donne aux deux jeunes garçons la permission de quitter l’école après avoir recopié cent fois « je ne chuchoterais plus », et ils sortent en courant. Alors la vieille dame récupère dans la table, le portrait peu flatteur que Jim a fait d’elle. Dans la rue, les gamins trébuchent en se disputant pour rire : Jim prétend être le plus âgé parce qu’il est né une minute après minuit et l’autre une minute après. Mais comme Will Halloway s’étale sur la pelouse, Jim se moque : « Tu vois, je ne serais pas toujours plus jeune que toi… ». Se rendant à la bibliothèque que tient le père de Will, croisent le vendeur de paratonnerre qui bonimente : un orage des feux de l’Enfer est en train d’arriver, un orage électrique qui nettoiera vos rues et balayera vos soucis, alors achetez…Comme ils ressortent de la bibliothèque et que Jim prétend que le père de Will a peur de tout, ce que Jim dément, son père est seulement un petit peu… vieux, Jim s’arrête sur la Grand Rue : il entend une drôle de musique portée par le vent, mais pour Will c’est seulement le vent. Et quand ils arrivent devant la maison de Jim, ils se retrouvent devant le vendeur de paratonnerre, qui prétend que sa maison a des madriers qui murmurent et a donc vraiment besoin de protection, lui demande d’en parler à son père. Jim ne tarde pas à ressortir de chez lui et il choisit le paratonnerre en forme de scarabée. Mais avant de le lui vendre, le vieil homme demande combien le gamin a : pas grand-chose. Déçu, mais résigné, le vendeur de paratonnerre accepte la monnaie.

La Foire des Ténèbres, le film de 1983

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