
Le loup-garou de Londres, le film de 1981
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An American Werewolf in London (1981)
Sorti en Angleterre et aux USA le 21 août 1981.
Sorti en France le 4 novembre 1981.
Sorti du blu-ray américain le 15 septembre 2009 (multi-régions, version et sous-titres français inclus)
Sorti du blu-ray français le 1er septembre 2010.
Sorti en blu-ray américain (restauré) le 27 septembre 2016.
Sorti en blu-ray 4K français le 24 octobre 2021
De John Landis (également scénariste). Avec David Naughton, Griffin Dunne, Jenny Agutter, John Woodvine, Don McKillop, Lila Kaye.
Pour adultes.
Le vent souffle sur la lande accidentée du nord de l’Angleterre tandis que des nuages avancent rapidement dans le ciel. Un pick-up transportant des moutons descend une route boueuse déserte, phares allumés. Il dépose ses autostoppeurs, Jack Goodman et David Kessler, frigorifiés à un carrefour, des panneaus indiquant les directions de Erwood, Leshire et East Proctor. Le chauffeur leur conseille de rester loin des Moores, de respecter cette règle et tout ira bien.
Marchant le long de la route, ils discutent d’une jeune fille Debbie Klein qu’ils doivent retrouver à Rome, et que Jack prétend aimer. C’est une amie d’enfance, et David ne comprend pas pourquoi Jack attend quelque chose depuis si longtemps, et pourquoi il n’irait pas plutôt séduire l’une des innombrables jeunes filles qu’ils rencontreront en cours de voyage.
Lorsqu’ils arrivent au village, il fait pratiquement nuit. Le pub s’appelle l’agneau massacré, et l’enseigne est pleine de peinture rouge, ce que Jack n’apprécie pas. Quand ils entrent, tous les clients se taisent et les regardent fixement. Quand ils demandent s’ils peuvent entrer, personne ne veut leur répondre. La serveuse refuse de leur servir de la soupe ou du chocolat : ils ne font que de la bière et des alcools, mais la serveuse veulent bien leur faire du thé. Alors, Jack fait remarquer à David l’étoile à cinq branches peinte en rouge sur un mur et les deux chandelles. Pour Jack, c’est de la sorcellerie, pour éloigner un monstre. Comme ils commencent à discuter avec la serveuse, l’atmosphère se détend sur un quiproquo à propos du cinéma Alamo de Londres, du film et du souvenir du siège, et un client commence à raconter une bonne histoire. Cependant, Jack veut absolument demander une explication sur l’étoile à cinq branches. Tout le monde se tait à nouveau.
Un client accuse Jack de l’avoir fait rater sa cible du jeu de fléchette. David veut partir, mais la patronne intervienne et insiste sur le fait qu’ils ne peuvent pas les laisser partir. Mais le joueur de fléchette insiste pour qu’ils partent : ils n’auront qu’à rester sur la route, loin de la lande, qu’ils respectent la règle. Les deux auto-stoppeurs s’en vont alors que le tonnerre résonne. Dans le pub, la patronne insiste, un autre lui répond qu’ils n’ont pas s’expliquer sur leur village, l’un des clients dit que c’est un meurtre de les laisser partir, et un autre répond que c’est un meurtre en effet, et qu’ils sont désormais entre les mains de Dieux.
Dehors, alors qu’il se met pleuvoir, les deux auto-stoppeurs se mettent à chanter une chanson italienne, et dans l’obscurité, quittent la route sans même s’en apercevoir. Puis les clients du pub entendent hurler un loup, et la patronne dit qu’il faut se mettre à la recherche des auto-stoppeurs. Un des clients prétend n’avoir rien entendu. Puis c’est au tour des auto-stoppeurs d’entendre le hurlement, complètement perdus dans la lande, et de remarquer la pleine lune. Puis ils voient un genre de chien de berger, et décident de s’en éloigner. Puis ils se mettent à courir sans savoir où ils vont. David trébuche et se retrouve à terre. Au moment où Jack veut l’aider à se relever, le loup lui saute dessus et l’égorge. David s’enfuit, puis revient sur ses pas aux cris de son ami. Puis le loup l’attaque et le griffe au visage, mais quelqu’un abat le loup, et alors qu’il sombre dans l’inconscience, David voit un homme nu à terre à côté de lui, le flanc percé d’une balle de fusil.
Bandits, bandits ! le film de 1981
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Ici la page Amazon.fr du DVD français de Bandits, bandits (1981) du 3 mars 2015 chez M6 VIDEO.
Time Bandits (1981)
Traduction du titre original : les bandits du Temps. Titre français : Bandits, bandits...
Sorti en Angleterre le 16 juillet 1981.
Sorti aux USA le 6 novembre 1981.
Sorti en France le 10 mars 1982.
Sorti du blu-ray anglais le 5 octobre 2009 (région B, master insuffisamment restauré, pas de version ni sous-titres français)
Sortie du blu-ray américain le 24 août 2010 (région A, master insuffisamment restauré, version et sous-titres français)
Sorti du blu-ray anglais le 28 août 2013 chez ARROW (région B, master restauré, pas de version ni sous-titres français)
Sortie du blu-ray américain le 9 décembre 2014 chez CRITERION (région A, master restauré, pas de version ni sous-titres français).
Sorti en DVD français le 3 mars 2015 chez M6 VIDEO.
Sorti en blu-ray+DVD allemand le 15 avril 2022 chez PANDASTORM (région B, pas de VF, nombreux bonus, médiabook).
De Terry Gilliam (également scénariste), sur un scénario de Michael Palin. Avec Craig Warnock, David Rappaport, Kenny Baker, Malcolm Dixon, Mike Edmonds, Jack Purvis, Sean Connery, Shelley Duvall, John Cleese, Katherine Helmond, Ian Holm, Michael Palin, Ralph Richardson, Peter Vaughan, Tiny Ross.
Pour adultes et adolescents.
Dans une banlieue anglaise ordinaire, des parents ordinaires regardent des publicités ordinaires à la télévision et lisent un journal ordinaire. Leur petit garçon, Kevin, 11 ans, lui se passionne pour l’histoire et veut parler de ses lectures avec ses parents, mais cela ne les intéressent pas. À 9 heures du soir, ils l’envoient dans sa chambre se coucher, mais à peine Kevin a éteint sa lampe qu’il entend un drôle de bruit provenant de son placard. Puis les portes éclatent sous la charge d’un chevalier du moyen-âge, qui saute au-dessus du lit de Kevin et part ensuite au galop à travers une forêt. Kevin se cache sous les couvertures.
Quand il en ressort, la chambre est redevenue complètement normale. Kevin rallume sa lampe – le mur est toujours là, le placard intact. Le père ouvre la porte et se met en colère à cause du bruit et de la lampe encore allumé. Le lendemain soir, les parents sont devant un jeu télévisé, et Kevin monte en avance se coucher, avec pour consigne de son père l’ordre de ne pas faire de bruit. Kevin a emmené un appareil photo et une lampe torche, et s’est installé tout habillé sur le lit, prêt à photographier ce qui sortira de son placard.
Comme Kevin baille et s’assoupit, il est réveillé par l’un de ses jouets qui se met à bourdonner, puis c’est le silence à nouveau. Comme Kevin s’endort, son placard bouge à nouveau, et s’ouvre : un premier nain en soir, puis un second, un troisième, un quatrième, enfin six en tout, armés jusqu’au dents. Kevin se réveille, braque sa lampe sur eux, et terrorisés, après avoir lâché une rafale de mitraillette dans le plafond, ils lèvent les mains en l’air et se rendent, prétendant ne pas avoir fait exprès de voler une certaine carte.
Puis ils réalisent que Kevin n’est pas le propriétaire de la carte, et ils lui sautent dessus, et le menacent : il doit dire où se trouve la sortie, sinon il lui arrivera malheur. Mais comme les nains pressent Kevin contre le mur de la chambre, le mur recule : c’est la sortie. Ils poussent alors le mur le plus loin possible, créant un couloir. Juste après, un visage apparait dans le placard, auréolé de lumière et exigeant que l’on lui ramène la Carte. À un moment, le mur arrive au bout du couloir et tombe, avec les nains et Kevin, dans le vide…





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Malevil, le film de 1981
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Malevil (1981)
Sorti en France le 13 mai 1981.
Sorti en DVD.
Annoncé en blu-ray français le 4 juin 2024.
De Christian de Chalonge (également scénariste), sur un scénario de Pierre Dumayet, inspiré du roman de 1972 de Robert Merle ; avec Michel Serrault, Jacques Dutronc, Jean-Louis Trintignant, Jacques Villeret, Pénélope Palmer.
Pour adultes et adolescents.
La campagne : les oiseaux chantent, l’herbe verdoient, une camionnette jaune de la poste croise un pick-up chargé de foin encore vert aux accents de l’accordéon diffusé par sa radio. Puis la camionnette est bloquée par un troupeau de moutons qu’elle disperse en klaxonnant et en avançant malgré les « bêe » de protestations.
A la radio, la voix acidulée de la présentatrice annonce : « Pendant le week-end, le beau temps persistera sur tout le Sud Ouest avec pour l’après-midi des températures plus élevées que la normale saisonnière : Bordeaux, 21 degrés ;Toulouse, 23 degrés... »
La camionnette de la Poste s’arrête devant le camion à l’arrêt d’un laitier chargé de bonbonnes, sous le regard d’une vache et de son veau derrière leur auge : « Alors à ce soir au café Chaudière ? » demande le laitier. Le postier répond « Ouais, ouais, salut ! » et repart.
Puis la camionnette aborde un chemin de terre pentu en lacet que dévale deux écoliers cyclistes, avec vue sur les prés et le village. La camionnette klaxonne. Puis de nouveaux lacets approchant la forêt.
Le château local. Une femme appelle longuement « Momo ! », un jeune homme obèse se cachant au bas de marches moussues étreignant et bâillonnant un chien pas très grand. Puis comme la femme appelle encore, Momo s’éloigne en marchant à pas de loup dans la pénombre d’une colonnade arpentée par des poules, puis détale pour traverser le couloir d’accès au grand porche et grimper les marches du perron de la loge de la gardienne. Il ressort en courant de l’autre côté de la maison, faisant cancaner les oies, le coq, d’autres poules et quelques canards.
Un peu après lui, une vieille dame en noir et coiffée d’un grand châle noir sort en criant à nouveau : « Momo ! Momo ! » Mais Momo semble déjà loin, sur un talus herbu bordant un pré où broutent quatre chevaux pommelés, non loin du château et de ses tours aux toits pointus.
Momo part à nouveau en courant pour traversé le pré, ayant lâché son chien pour qu’il le suive en trottant, tandis qu’il crie à l’animal « Allez, viens, viens ! »
Mais la vieille dame, plus rapide qu’on ne l’aurait cru, sort du bois à sa suite, le talonnant. Et dans le grand pré, un barbu poivre et sel en veste et pantalon de velours se joint à la poursuite, et comme Momo veut grimper à un arbre, l’attrape et le force à descendre pendu à sa branche.
« Qu’est-ce qui s’passe ? » demande le barbu à la vieille dame qui explique : « On est samedi ! » Et Momo de crier : « Pas samedi !!! » Le barbu corrige : « Mais si, on est samedi ! » et à la dame : « Tu veux que j’t’aide ? — Oui, merci Emmanuel ! » et de mettre un petit aller-retour à Momo, qui bredouille : « Pas ça, pas ça… »
Entraîné par la dame et Emmanuel, Momo se retrouve debout sur la large cuvette à l’entrée de la maison de la gardienne, et Emmanuel lui verse un broc d’eau sur la terre. Momo crie et Emmanuel commente : « Voilà, le plus dur est fait… Maintenant enlève ton pull et ton pantalon… »
Comme la dame ôte le pull, et que Momo tremble, Emmanuel insiste : « Ecoute Momo, tu as trente ans depuis deux ans : à trente ans, on se lave tout seul ! Tu comprends ça ? »
Et la vieille dame de profiter de la distraction pour balancer un autre broc d’eau plus grand sur Momo, dont la gerbe d’eau éclabousse largement Emmanuel qui recule en répétant « voilà, voilà… »
Et comme la vieille dame s’efforce de baisser les bretelles de Momo, Emmanuel s’éloignant demande à la dame : « Les bouteilles sont propres ? » et elle répond : « Oui, presque toutes. »
Puis Emmanuel passe à l’écurie que visite le vétérinaire : à propos de la vache enceinte, le vétérinaire déclare : « ça m’étonnerait que ce soit pour aujourd’hui ou demain non plus… » Emmanuel demande : « Et la truie ? — Je vais la voir… » et le vétérinaire à son assistant : « Gérard, tu veux aller me chercher une lampe électrique ? j’en ai une dans la sacoche. »
Puis dépassant Gérard auprès d’une jument pommelée : « Pervenche, c’est toujours la plus belle… » et rejoint par Emmanuel, il s’arrête auprès d’une grosse truie rose entourée de ses petits cochons à la tétée. Le vétérinaire remarque en pointant la petite planche de bois qui barre la sortie du box : « Ah, vous devriez remonter la cloison là : une maternité, ça doit être propre… »
Mais Emmanuel s’éloigne : « Je vais mettre mon vin en bouteille, si vous voulez venir le goûter ? »
Emmanuel sort dans la court du château où la camionnette chargée de colis du facteur se gare, tandis que l’animatrice radio, à la voix toujours aussi acidulée, annonce : « … à onze heures, d’autres informations. »
Le facteur coupe le contact, donc la radio, et la cigarette au bec, tend une enveloppe de petite taille mais épaisse à Aurélien : « Bonjour, Monsieur le Maire ! »
L’intéressé répond alors qu’il considère l’enveloppe : « Si vous avez soif… » et le facteur lui fait remarquer : « Ils viennent de loin, ces timbres… » Emmanuel demande : « Vous en faites collection ? »
Le facteur descend de sa camionnette et referme la portière : « Pas pour moi, mais mon fils… » et le maire répond : « J’vous les mettrai de côté… — Merci ! »
Emmanuel descend un petit escalier pour passer une porte donnant sur une cave voûtée au sol de sable éclairée par l’ampoule nu d’une lanterne baladeuse accroché à un tonneau, ; il prend une bouteille de verre vert, va au fût, amorce en aspirant à un tuyau puis fait s’écouler le vin dans la bouteille posée au sol. Il ouvre l’enveloppe…
Mais déjà trois hommes descendent à leur tour dans la cave : un moustachu (Colin), un homme binoclard en complet gilet rouge et cravate bleu (Bouvreuil) et un troisième homme pull noir et cheveux blancs … « Même le pharmacien ? » fait mine de s’étonner Emilie : « C’est une délégation… »
Le pharmacien répond en bafouillant : « Mais pas du tout : ce sont ces messieurs qui m’ont entraîné… »
Un silence, et Emmanuel demande : « Eh bien ? » Le moustachu répond : « On a demandé à Monsieur Bouvreuil … » (il montre le pharmacien à gilet rouge) « … de venir pour que vous vous mettiez d’accord tous les deux. »
Emmanuel se lève : « Voulez-vous qu’on aille dans la cuisine ? » et le pharmacien répond : « Non, non, permettez… » et déplie la carte qu’il tenait sur le sol et s’agenouillant pour pointer du doigt sur la carte : « Je n’ai rien contre ce projet en soi, mais regardez ça : ils me mettent un lampadaire juste là, devant la fenêtre de ma chambre… »
Le moustachu se retourne vers Emmanuel : « Tu crois pas qu’on pourrait le décaler un peu ? »
Emmanuel soupire, décroisant ses bras, s’accroupit à côté du pharmacien : « On a modifié ce plan dix-sept fois, on peut continuer… Mais je me rappelle qu’on ne peut pas déplacer le lampadaire sur la gauche, parce qu’à gauche il y a la croix de votre pharmacie… Et à droite, il y a la rue du docteur Bouvreuil : vous ne voulez tout de même pas qu’on mette le lampadaire au milieu de la rue qui porte le nom de votre père ? »
Dépité, le pharmacien baisse les yeux et répond tout bas : « Dans ce cas, ne comptez pas sur ma voix. »
Emmanuel se relève, le moustachu répond : « C’est pas possible » et Emmanuel reprend : « on sait que nous avons besoin de votre voix pour faire passer ce projet ; j’ai une solution à vous proposer : si la croix de votre pharmacie était placée juste au-dessous de votre chambre, en seriez vous gêné ?
Le pharmaciens e relève à son tour : « Non, puisque j’éteins la croix dès la fermeture. — Parfait, alors nous mettons le lampadaire à la place de la croix et vous mettez la croix sous votre chambre. — Qui paiera les travaux ? »
Dépité à son tour, Emmanuel répond : « La municipalité… A moins que, euh, vous soyez contre ? »
Le pharmacien remarque : « Mais ça sera modeste de toute façon… » et Emmanuel répète, « … de toute façon. »
Emmanuel demande : « Est-ce réglé ? » Le pharmacien sort un stylo de la poche intérieure de sa veste et le tend à Emmanuel : « Cela vous ennuierait… » il se racle la gorge « de notifier ce changement ? »
Emmanuel hoche la tête, met un genou à terre et rature le plan, puis au pharmacien : « Voulez-vous goûter mon vin ? — Merci. » Le moustachu demande « Où sont les verres ? » et va les chercher. Les trois hommes se rassemblent. Le pharmacien trouve l’enveloppe : la lettre est adressée à Monsieur Emmanuel Comte, château de Malevil, par la Bar…12310 France. »
« L’Australie ? Si j’osais, je vous demanderai les timbres… — Je les ai déjà promis. »
Le troisième homme aux cheveux blanc et pull noir demande : « …y va pas rev’nir un peu ton fils ? »
Emmanuel répond : « A l’automne ; il te dit bonjour. » et Emmanuel commence à servir les verres. La porte de la cave s’ouvre aux accents d’un accordéon grésillant : c’est Momo qui tient la radio portable à son oreille, suivi de la vieille dame qui descend les marches de l’escalier à sa suite.
Alors qu’ils trinquent, les lumières de la cave s’éteignent : « Ah, encore une panne… » remarque Emmanuel dans l’obscurité. « Attendez, j’ai un briquet… » dit Emmanuel qui allume une bougie.
Le moustachu examine la radio muette de Momo. Mais la radio n’est pas en panne : en poussant le volume et en balayant les fréquences, on n’entend qu’un grésillement. Le moustachu remarque : « C’est bizarre… y’a plus rien , mais y’a des piles… »
Emmanuel se retourne comme une vive lumière bleuâtre se met à éclairer la cave par le dessous et les fentes de la porte d’entrée. Tous se sont retournés, surpris, tandis qu’un grondement monte, comme un tonnerre en continue, et que du vent se met à hurler. Tout se met à trembler sur les étagères. Momo apeuré se jette à terre, tout le monde protège ses oreilles avec ses mains.
Alors les bouchons des bouteilles de vin déjà remplies se mettent à sauter les uns après les autres, et les bouteilles se vident, tandis que tout le monde se met à transpirer et tombe à genoux ; on entend des craquements, et une déflagration, et le château semble se mettre à crouler. Un des fûts déborde, l’homme au cheveux blanc prend la tête du moustachu qui semblait étouffer, la mouille dans un baril d’eau et le moustachu semble soulagé.
Ils se sont arrachés pulls, vestes et chemises et Emmanuel se traîne jusqu’au thermomètre mural … qui indique plus de 46 degrés. Au mur, les jambons pendus et les terrines cuisent. La bougie s’est liquéfiée mais brûle encore. Plusieurs se jettent sur le vin.
Alors la porte de la cave s’ouvre à nouveau, et le facteur, les vêtements et la peau brûlés, titube et roule au bas des marches. Le pharmacien s’élance alors et claque la porte. Emmanuel rampe jusqu’au facteur : il est mort, les yeux ouvertes. Emmanuel s’évanouit.





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Ici la page du forum Philippe-Ebly.fr consacrée à ce film.
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Outland... loin de la Terre, le film de 1981
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Outland (1981)
Sorti aux USA le 22 mai 1981.
Sorti en Angleterre le 27 août 1981.
Sorti en France le 2 septembre 1981.
Sorti en blu-ray américain le 10 juillet 2012 (multi-régions, version et sous-titres français inclus).
Sorti en blu-ray français le 17 octobre 2012 (identique au blu-ray américain).
Annoncé en coffret anglais 4K ARROW UK (multirégions, édition limitée avec affichette)
Ici l'article de ce blog sur le blu-ray américain de 2012.
De Peter Hyams (également scénariste). Avec Sean Connery, Frances Sternhagen, Peter Boyle, James Sikking, Steven Berkoff, John Ratzenberger, Manning Redwood, Hal Galili, Angus MacInnes, Stuart Milligan, Eugene Lipinski.
Pour adultes et adolescents.
Sur Io, la troisième lune de Jupiter, seulement déservie par une navette par semaine, et dont la gravité à la surface n’excède pas un sixième de celle de la Terre, la CON-AMALGAMTE de la ligue des nations industrialisés a installé sa 57ème base minière, avec 2144 membres du personnels, dont 1250 manœuvres, 714 dédiés à l’accompagnement et 180 dédiés à l’administration et à la maintenance. La durée du service y est d’un an, et l’ordre est assurée par un marshall. La principale ressource exploitée y est le titane.
Alors qu’une équipe de mineur descend par ascenseur dans les profondeurs du gisement, puis chemine en combinaison spatiale le long des passerelles illuminées. Sur place, les mineurs discutent de leurs mauvaises conditions de travail : les machines qui n’arrivent pas, le sous-effectif malgré le contrat signé, les combinaisons surchauffées qu’il faut trafiquer… Soudain un mineur se relève et se met à hurler que des araignées sont sur lui, et supplie que l’on les lui enlève. Ses collègues pensent à une blague, car aucune araignée ne peut survivre en l’absence d’atmosphère. Ils ne réagissent que lorsque leur collègue arrache les tuyaux d’oxygène de sa combinaison, alors la dépressurisation fait exploser le corps du mineur.
O’Niel, le nouveau marshall de la base minière depuis seulement deux semaines, s’apprête à commencer sa journée. Pendant que son fils se plaint de son appareil dentaire, il lit les messages de ses officiers, rendant compte des incidents de la nuit. Si Lowell le responsable de la surveillance n’a rien à dire, Montone qui s’occupe de la mine minimise ce qui est arrivé au mineur. Il annonce que le corps sera rapatrié sans autopsie par la navette, ordre de la compagnie, la mort étant la faute à pas de chance, un cas de folie subite. Il mentionne que les billets pour l’épouse du marshall sont arrivés, et quand X demande de quoi il s’agit, son épouse explique qu’elle les a pris pour l’épicier. Avant de partir, X s’excuse de sa piètre assignation, et affirme qu’il est certain qu’elle s’y fera, après un temps d’adaptation. Après un temps d’hésitation, son épouse l’embrasse en lui disant qu’elle l’aime.
La matinée vient à peine de commencer, et parmi les mineurs, de la drogue passe, au moment même où X fait son discours aux cadres de la compagnie, leur assurant qu’il méritera leur confiance. Personne ne réagit, excepté une femme de la comptabilité qui finit par se lever pour réitérer les vœux de bienvenue et proposer d’aider Mme O’Niel dans ses démarches sur la base. Puis Sheppard, le responsable de la compagnie intervient, déclarant que comme dans toutes les bases minières, il ne se passait jamais rien ; insistant sur les efforts de productivité et la nécessité pour le Marshall de laisser de l’air à tout le monde. O’Niel est choqué : après la réunion, il demande à son second, Montone, ce que le responsable de la compagnie voulait dire exactement, et Montone dit seulement qu’avec le précédent Marshall, tout roulait sur l’huile.
Et juste après, un mineur décide de prendre l’ascenseur sous la mine sans combinaison pressurisé. Les autres mineurs qui attendaient en bas découvrent son corps éviscéré par la dépressurisation.




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Ici la page du forum Philippe-Ebly.fr consacrée à ce film.
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Johnny Mnemonic, la nouvelle de 1981
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Johnny Mnemonic (1981)
Sorti en mai 1981 aux USA dans le magazine Omni.
Recueilli en avril 1986 dans Burning Chrome chez Arbor House
Traduit en français en septembre 1987 par Jean Bonnefoy dans Gravé sur chrome, aux éditions La Découverte, collection Fictions.
Réédité en poche en décembre 1990 chez J’ai Lu,
Réédité en grand format broché le 28 mars 2006 chez J’ai Lu.
Adapté en film, film adapté en roman par Terry Bisson en 1995.
De William Gibson.
(presse) Johnny est un courrier de données spécialisé dans le transport de données sensibles. Ces données sont directement imprimées dans son cerveau et cryptées de manière à ce que seul le client puisse les récupérer. Johnny a donné rendez-vous à son dernier client, Ralfi Face, au bar du Drome. Ralfi est en retard pour récupérer les centaines de mégaoctets de données qu'il a stockées dans la tête de Johnny. Seulement Ralfi a l'intention de ne pas payer, seulement décapiter Johnny et récupérer les données d'une manière non contractuelle.
Les nouvelles puis les romans de William Gibson sont toujours des réussites, mais vise à évoquer un futur désormais très proche de notre présent. Gibson est présenté comme le pape du cyberpunk, tandis que Philip K. Dick en serait le précurseur, le cyberpunk étant une littérature censée nous éblouir par ses mirages virtuels, ses super-pouvoirs obtenus par l'augmentation technologique du corps de ses héros. Les héros de Gibson peuvent être des mercenaires comme une simple fan-girl envoyée à Tokyo par son -. Les méchants sont les super-riches et leurs pions, des exécuteurs brutaux et sadiques, des savants avides, des cadres sans scrupules tels que vous pouvez en voir dans Total Recall ou Robocop de Paul Verhoeven. Une des difficultés à la lecture des récits de Gibson, outre le fait que les traductions des années 1980 peuvent facilement passer à côté du mot aujourd'hui courant comme clé (USB), c'est de correctement visualiser le récit, les personnages, les décors. Et là encore, c'est le réalisateur Ridley Scott qui en adaptant Philip K. Dick dans Blade Runner, a donné une identité graphique au cyberpunk. Johnny Mnemonic a été adapté en film sans les moyens technologiques ni le budget pour atteindre les sommets de Blade-Runner, Total Recall ou Robocop, sans oublier que le scénario de la nouvelle est trop court. Il aurait mieux valu entrelacer fusionner les nouvelles Gravé sur Chrome avec le budget nécessaire et une vision digne de ce nom. Sseule votre imagination à vous, lecteur, y parviendrait aujourd'hui.
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Le texte original de William Gibson (mai 1981)
JOHNNY MNEMONIC
I put the shotgun in an Adidas bag and padded it out with four pairs of tennis socks, not my style at all, but that was what I was aiming for: If they think you're crude, go technical; if they think you're technical, go crude. I'm a very technical boy. So I decided to get as crude as possible. These days, thought, you have to be pretty technical before you can even aspire to crudeness. I'd had to turn both those twelve-gauge shells from brass stock, on the lathe, and then load then myself; I'd had to dig up an old microfiche with instructions for hand-loading cartridges; I'd had to build a lever-action press to seat the primers-all very tricky. But I knew they'd work.
The meet was set for the Drome at 2300, but I rode the tube three stops past the closest platform and walked back. Immaculate procedure.
I checked myself out in the chrome siding of a coffee kiosk, your basic sharp-faced Caucasoid with a ruff of stiff, dark hair. The girls at Under the Knife were big on Sony Mao, and it was getting harder to keep them from adding the chic suggestion of epicanthic folds. It probably wouldn't fool Ralfi Face, but it might get me next to his table.
The Drome is a single narrow space with a bar down one side and tables along the other, thick with pimps and handlers and a arcane array of dealers. The Magnetic Dog Sisters were on the door that night, and I didn't relish trying to get out past them if things didn't work out.
They were two meters tall and thin as greyhounds. One was black and the other white, but aside from that they were as nearly identical as cosmetic surgery could make them. They'd been lovers for years and were bad news in the tussle. I was never quite sure which one had originally been male.
Ralfi was sitting at his usual table. Owing me a lot of money. I had hundreds of megabytes stashed in my head on an idiot/savant basis information I had no conscious access to. Ralfi had left it there. He hadn't, however, came back for it. Only Ralfi could retrieve the data, with a code phrase of his own invention. I'm not cheap to begin with, but my overtime on storage is astronomical. And Ralfi had been very scarce.
Then I'd heard that Ralfi Face wanted to put out a contract on me. So I'd arranged to meet him in the Drome, but I'd arranged it as Edward Bax, clandestine importer, late of Rio and Peking.
The Drome stank of biz, a metallic tang of nervous tension. Muscle-boys scattered through the crowd were flexing stock parts at one another and trying on this, cold grins, some of them so lost under superstructures of muscle graft that their outlines weren't really human.
Pardon me. Pardon me, friends. Just Eddie Bax here, Fast Eddie the Importer, with his professionally nondescript gym bag, and please ignore this slit, just wide enough to admit his right hand.
Ralfi wasn't alone. Eighty kilos of blond California beef perched alerty in the chair next to his, martial arts written all over him. Fast Eddie Bax was in the chair opposite them before the beef's hands were off the table. 'You black belt?' I asked eagerly. He nodded, blue eyes running an automatic scanning pattern between my eyes and my hands. 'Me too,' I said. 'Got mine here in the bag.' And I shoved my hand through the slit and thumbed the safety off. Click. 'Double twelve-gauge with the triggers wired together.'
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La traduction au plus proche
JOHNNY MNEMONIC
J'ai mis le fusil dans un sac Adidas et je l'ai calé avec quatre paires de chaussettes de tennis, ce n'est pas du tout mon style, mais c'était ce que je visais : S'ils pensent que vous êtes gros nul, jouez-la technique ; s'ils pensent que vous êtes technique, jouez-là gros nul. Je suis un garçon très technique. J'ai donc décidé d'être aussi nul que possible. De nos jours, je pense qu'il faut être assez technique avant de pouvoir aspirer à la nullité. J'avais dû tourner ces deux obus de calibre douze à partir de laiton, sur le tour, puis les charger moi-même ; j'avais dû déterrer une vieille microfiche avec des instructions pour charger les cartouches à la main ; j'avais dû construire une presse à levier pour placer les amorces — tout cela était très délicat. Mais je savais qu'elles fonctionneraient.
Le rendez-vous était fixé au Drome à 2300, mais je suis descendu du métro trois arrêts après la station la plus proche et je suis revenu à pied. Procédure impeccable.
J’ai vérifié ma mise du côté chromé d'un kiosque à café, l’eurasien typique au visage pointu, avec une touffe de cheveux noirs et raides. Les filles de Sous-le-Couteau aimaient beaucoup Sony Mao, et il était de plus en plus difficile de les empêcher de céder à la tentation chic de vous faire les yeux bridés. Ça ne tromperait probablement pas Ralfi Face, mais ça pourrait me placer à côté de sa table.
Le Drome est un espace unique et étroit, avec le bar d'un côté et les tables le long de l'autre, rempli de souteneurs, d'intermédiaires et d'une galerie de dealers. Les Sœurs Chiennes Magnétiques gardaient à la porte ce soir-là, et si les choses devaient mal tourner, l’idée d’avoir à les affronter pour sortir ne me réjouissait pas.
Elles faisaient deux mètres de haut et étaient minces comme des lévriers. L'une était noire et l'autre blanche, mais à part ça, elles étaient aussi identiques que la chirurgie esthétique pouvait les rendre. Elles étaient amantes depuis des années et elles étaient réputer vous massacrer dans une bagarre. Je n'ai jamais su exactement laquelle des deux était le mâle à l'origine.
Ralfi était assis à sa table habituelle. Il me devait beaucoup d'argent. J'avais des centaines de mégaoctets stockés dans ma tête façon idiot/savant, des informations auxquelles je n'avais pas accès consciemment. Ralfi les avait laissés là. Mais il n'était pas revenu les chercher. Seul Ralfi pouvait récupérer les données, avec une phrase de code de sa propre invention. Je ne suis pas bon marché pour commencer, mais mes heures supplémentaires sur le stockage sont astronomiques. Et Ralfi s'était fait très rare.
Puis j'avais entendu dire que Ralfi Face voulait mettre un contrat sur moi. Je lui ai donc donné rendez-vous dans la Drome, mais en tant qu'Edward Bax, importateur clandestin, anciennement basé à Rio et Pékin.
Le Drome puait le biz, un goût métallique de tension nerveuse. Les Gros-durs éparpillés dans la foule se montraient leurs muscles les uns aux autres et testaient là-dessus des sourires froids, certains d'entre eux tellement perdus sous des superstructures de greffe musculaire que leurs contours n'étaient plus vraiment humains.
Pardon. Pardon les amis. C’est Juste moi, Eddie Bax, Eddie Rapido, l'importateur, avec son sac de sport quelconque du boulot, et s'il vous plaît ignorez cette entaille, juste assez grande pour laisser passer sa main droite.
Ralfi n'était pas seul. Quatre-vingt kilos de bœuf californien blond étaient perchés sur la chaise à côté de la sienne, comme si on avait écrit partout sur lui « Champion d’arts martiaux ». Eddie Rapido Bax se retrouva sur la chaise en face d'eux avant que les mains du bœuf ne quittent la table. « T’es ceinture noire ? » je demandai avec impatience. Il hocha la tête, ses yeux bleus faisant un balayage automatique entre mes yeux et mes mains. « Moi aussi, j’ai ajouté. J'ai la mienne dans le sac. » Je glissai ma main dans l’entaille et j’enlevai la sécurité avec le pouce. Clic. « "Double calibre douze avec détentes connectées. »
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La traduction de Jean Bonnefoy de 1987 ( La découverte / J’ai Lu)
JOHNNY MNEMONIC
Je glissais le fusil dans le sac Adidas, planqué sous quatre paires de chaussettes pour caler, pas du tout mon style, mais c’était le but visé : si on vous croit primaire, faites dans le technique ; si on vous croit technique, donnez dans le primaire. Moi, je suis du genre hyper-technique, alors j’avais décidé d’être le plus primaire possible. Quoique de nos jours, il faille être sacrément technicien, ne fût-ce que pour aspirer simplement à jouer les primaires. J’avais dû tourner moi-même dans un jet de laiton les douilles de 12 et les charger moi-même ; et pour se faire, aller dénicher une vieille microfiche sur la manière de remplir à la main les cartouches ; j’avais dû me bricoler une presse à balancier pour remplir les amorce — délicat, tout ça. Mais j’étais sûr que ça marcherait.
Le rendez-vous était fixé à 23. 00 au Drome, mais je descendis trois arrêts après la station la plus proche pour revenir sur mes pas à pied. Impeccable, la méthode.
Je me mirai dans la paroi latérale d’une machine à café : visage classique de Blanc, taillé à la serpe, avec une touffe de cheveux raides et noirs. A Sous-le-Scalpel, les filles ne juraient plus que par Sony Mao et ça devenait de plus en plus dur de les empêcher de vous brider pour un rien les yeux, pour faire plus chic. Ça ne tromperait sans doute pas Ralfi Face, mais ça me permettrait peut-être au moins d’approcher de sa table.
Le Drome est une salle unique, étroite — le bar d’un côté et les tables de l’autre —, bourrée de macs, d’arnaqueurs et de tout un assortiment de dealers. C’était les Sœurs Chiennes Magnétiques qui officiaient comme videuses ce soir-là, et j’appréciais modérément la perspective de devoir leur filer entre les doigts si jamais ça tournait mal. Elles faisaient deux mètres de haut et étaient élancées comme des lévriers. L’une était noire, l’autre blanche, mais à part ça, elles étaient aussi semblables que peut le permettre la chirurgie esthétique. Elles étaient amantes depuis des années et dans une bagarre, ce n’était pas la joie. Je n’ai jamais bien su laquelle des deux avait été le mâle, à l’origine.
Ralfi était installé à sa table habituelle. Il me devait un sacré paquet de fric. J’avais des centaines de méga-octets planqués dans la tête selon la technique idiot/savant, des informations auxquelles je n’avais consciemment aucun accès. Ralfi les avait laissées. Il n’était pas non plus revenu les chercher. Lui seul pouvait récupérer les données, à l’aide d’une phrase-code de son propre cru. En temps de stockage, je ne suis déjà pas bon marché mais, en cas de dépassement, mes tarifs deviennent franchement astronomiques. Et Ralfi avait eu tendance à se faire oublier.
… Et puis voilà que j’avais appris que Ralfi avait commandité un tueur pour m’éliminer. D’où mon idée d’organiser cette rencontre au Drome avec lui. Sauf qu’en l’occurrence, j’étais un certain Edward Bax, importateur clandestin, officiant naguère Rio et Pékin.
Le Drome puait le trafic : arrière-goût métallique de tension nerveuse. Des malabars éparpillés dans la foule jouaient des biceps en échangeant de minces sourires glacés et certains étaient noyés sous de telles masses de muscles greffés qu’ils n’avaient presque plus figure humaine.
Pardon. Pardon les gars. Moi, je ne suis qu’Eddie Bax, Fast Eddie, le roi de l’Import, avec son sac de sport tout bête, et non, ne faites pas attention à cette fente, tout juste assez large pour y glisser la main droite.
Ralfi n’était pas seul. Quatre-vingt kilos de bœuf californien blonds était juchés avec aisance sur la chaise voisine, un vrai catalogue d’arts martiaux.
Fast Eddie Bax s’était installé dans la chaise en face avant que l’autre bovidé ait levé les mains de la table. « Z’êtes ceinture noire ? », m’enquis-je avec curiosité. Il acquiesça, trajet machinal des yeux bleus, de mes yeux à mes mains, pour me scruter. « Moi aussi, répondis-je. J’l’ai même dans mon sac. » Et glissant la main par la fente, je relevai le cran de sûreté. Clic. « Calibre douze à double canon avec détentes couplées. »
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