2084, le court-métrage de 1985  Feu vert cinéma

2084 (1985)
Sous-titre : Video clip pour une réflexion syndicale et pour le plaisir.

Sorti en Allemagne de l'Ouest le 5 juillet 1985.

De Chris Marker (également scénariste) ; avec François Périer, Sophie Garnier, Bibiane Kirby, Atika Tahiri.

Pour adultes et adolescents.

Le 29 mars 2084, le robot présentateur de la télévision intergalactique a été programmé pour célébrer dans les termes suivants : le deuxième centenaire de la loi de 1884 qu’on s’accorde à prendre pour point de départ du mouvement syndical. Bien perplexes ils étaient, ceux qui avaient reçu commande d’un film consacré à cent ans de syndicalisme en France, et qui avaient imaginé de sauter carrément encore un siècle… Sans doute un peu écrasés par la difficulté, et peut-être la crainte de se dire où ils en étaient, ils fouillaient plutôt dans leurs machines pour se dire où ils en seraient.

Cette question ne pouvait prendre que la forme d’hypothèses : après avoir jeté un certain nombre d’idées aux quatre vents – ils en avaient retenues trois, dotées chacune d’une couleur. Elles s’articulaient sur un certain nombre de mots recueillis au cours d’une petite enquête préalable. Les questions étaient : qu’est-ce que tu aimes, ou qu’est-ce que tu n’aimes pas ?

J’aime pas le folklore, avait dit une jeune femme. Moi j’aime pas la politique, avait répondu un jeune homme, qui après une moue, avait ajouté : (enfin) certaines politiques. J’aime pas le bavardage insipide, avait affirmé un moustachu ; les stéréotypes, les choses rigides, avait déclaré un barbu. Un jeune binoclard un peu punk avait maugréé qu’il n’aimait pas la grisaille des syndicats, des manifestations – parce que tout est un peu gris.

L’hypothèse grise, c’est l’hypothèse « crise » : une crise dont on ne sort pas. Le système de couverture sociale permet d’en atténuer les effets, au coup par coup – mais l’imagination s’y épuise : quand on a besoin de toute son énergie pour se maintenir à flot, il n’en reste guère pour inventer l’Avenir. Bien sûr, la crise peut s’exaspérer jusqu’à l’explosion – sociale, ou nucléaire. Là, le raisonnement s’arrête, bien forcément : il y aura peut-être un syndicat des scorpions, puisqu’on prétend qu’ils survivront à la Bombe, mais disons que cela nous concerne moins...

Non, le plus probable, dans cette hypothèse, c’est une société peureuse qui ronronne et se donne de fausses sécurités dans l’espoir d’un équilibre toujours remis en question. Là, le syndicat est au mieux, une organisation puissante et protectrice, efficace à sa manière, qui utilise les techniques de pointe pour gérer vos intérêts, garantir votre emploi, vous assurer le maximum de confort : vous vous en remettez à lui, qui prend pour vous les décisions qui règlent votre sort.

Qu’est-ce que je dois faire ? Ayez confiance.

Ce syndicat-là ne se mêle pas d’inventer une autre société – l’utopie, très peu pour moi. La société, elle est comme elle est : il y a toujours des nantis, toujours des exclus – on ne peut pas être partout, n’est-ce pas ? Et les marginaux, ils n’ont qu’à être comme tout le monde. Mais c’est un syndicat qui a du poids en face des banquiers, en face des patrons, en face du pouvoir – quel que soit le pouvoir. Ce syndicat a aussi des traditions – il les cultive, parce que la nostalgie du Passé est bien pratique pour occuper la place de cette nostalgie de l’Avenir, qu’en d’autres temps, on baptisait « Révolution ». Alors le cérémonial syndical devient aussi lourdingue que celui de la cour d’Angleterre : il y a toujours des congrès, des meetings, des défilés, des mots d’ordres… Mais quel ennui !

Qu’est-ce que tu n’aimes pas ? La mort – le journal unique – le racisme – le mépris – la peur.

Il y a pire – il y a toujours pire. Et c’est, l’hypothèse noire. Cela peut-être le fascisme, cela peut-être le stalinisme. On connait. Et parce qu’on connait, cela parait, dans une certaine mesure, moins dangereux : on peut espérer qu’on le verra venir… Ce qu’on voit moins venir, c’est un monde où la technique a pris la place des idéologies. C’est pour cela que, pour la rime, on l’appelle désormais « Technologie ». Cette technologie – l’appropriation de cette technologie, à qui peut-elle servir ? Qui doit en contrôler l’évolution ? a été la grande question de la fin du 20ème siècle – son véritable enjeu. Faute d’avoir compris à temps cet enjeu, on a laissé le gouvernement de l’Avenir entre les mains d’une nouvelle espèce de dirigeants : des techno-totalitaires. Oh, cela n’a pas été sans a-coups…

2084, le court-métrage de 1985

2084, le court-métrage de 1985

2084, le court-métrage de 1985

2084, le court-métrage de 1985

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We Will Rock You, la comédie musicale de 2002 Feu vert cinéma

We Will Rock You (2002)
Traduction du titre original, on va vous faire vous balancer.

Représenté en Angleterre à Londres à partir du 14 mai 2002 jusqu'au 31 mai 2014 (DOMINION THEATER).

De Christopher Renshaw ; sur un scénario de Ben Elton ; d'après les chansons de Queen ; avec Tony Vincent, Hannah Jane Fox, Sharon D. Clarke, Kerry Ellis.

Pour adultes et adolescents.

1956 - Elvis sort Heartbreak Hotel
1964 - The Beatles conquièrent l’Amérique.
1969 - Woodstock
1975 - Queen sort Bohemian Rhapsody
1977 - Sex Pistols sont bannis de la BBC
1981 - Bucks Fizz remporte le Concour de la Chanson de l’Eurovision.
1990 - Jive Bunny ruine douze chansons en un seul disque.
1993 - Mr Blobby devient numéro 1.
2001 - Le groupe Hear’say est fabriqué.
(The bass becomes recognisably the introduction to 'Innuendo'. The timeline continues:)
2002 - Le groupe Hear’say se désintègre.
2007 – Les premières cyberstars créées digitalement dominent les meilleurs ventes.
2009 – Les gens laids sont bannis des meilleurs ventes.
2021 - Radio 1 diffuse la dernière chanson qui n’ait pas été conçue par une machine.
2030 – Les jeunes doivent obtenir un permis pour pouvoir posséder une guitare électrique.
2046 – TOUS LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE SONT INTERDITS.

Pop, un vieil hippy barbu aux cheveux longs lit un magazine dans un endroit désert. Il prend alors son dictaphone et enregistre : La Bibliothèque Publique Centrale, date stellaire 2302. Je dois me hâter car je crains que mon arrestation ne soit imminente. Bien que je n’ai jamais découvert le jour exact où la musique est morte, il me parait clair qu’un ancien phénomène du divertissement connu sous le nom de Pop Idol a joué un rôle central. Il semble que la Corporation GlobalSoft a acquis la franchise et remplacé les candidats humains avec des cyber-célébrités générées par ordinateur. Sans aucune stimulation culturelle, les jeunes ont cessé de s’indigner. Les gouvernements démocratiques se sont effondrés – et ce fut l’aube de l’âge de GaGa.

Soudain, Pop est emprisonné dans une cage circulaire de rayons lasers verts, et tombe à genoux ; arrive Khashoggi, un homme d’affaire aux cheveux court en long manteau, escorté de deux gardes masqués, qui s’amuse de sa capture : est-ce un petit espion qu’il voit là ? Puis Khashoggi interroge : pourquoi le vieil homme se soucie-t-il tant du passé ? Pop lui répond que c’est parce qu’il n’y a que le passé qui puisse leur donner de l’espoir. Khashoggi objecte : Pop a lu l’Histoire secrète ; il doit avoir compris qu’il n’y aucun espoir. Pop crie alors qu’il y a toujours de l’espoir. Pop tente alors de passer le bras entre les barreaux de sa prison laser, et se brûle. Il persiste : l’espoir est un droit acquis à la naissance.

Khashoggi nargue alors Pop : et où est-il, cet espoir ? Pop répond : partout où le vent souffle. Khasgoggi interroge Pop à nouveau : que sait-il du terme « Roche vivante ». Pop répond qu’il n’en sait pas davantage que ce que promet la légende : la rédemption se trouve là-bas, le séjour des Champions, et qu’une étoile brillante, très brillante, leur montrera le chemin ! À ces mots, Khashoggi soupire : il hait les hippies. L’agent de GlobalSoft ordonne alors à ses gardes d’enfermer cette misérable créatures dans les Sept Mers de Rhye. Un garde place alors un casque orange sur la tête du vieil homme, qui crie encore « Faites l’amour, pas la guerre ».

Ailleurs, dans une école de la GlobalSoft, trois professeurs veillent sur leurs jeunes élèves tous blonds et vêtus de blanc. Tout le monde se met alors à chanter et danser l’hymne de la Globalsoft : « Assis tout seul, nous veillons sur ta lumière, toi notre seul ami pour passer nos nuits de jeunesse – tout ce que nous voulons avoir, nous le téléchargeons de l’internet – pas besoin de penser, pas besoin de toucher, quand le cyberspace est la seule réalité – il nous fait rire, nous fait pleurer, il nous fait croire qu’on pourrait voler : GlobalSoft !!! … La seule radio, c’est Radio GaGa, Vidéo Gogo, Internet GaGa – Tout c’ qu’on entend, c’est cyberspace GaGa, marketing BlaBla – Toujours du nouveau – GlobalSoft, tout le monde t’adore ! »

Tandis qu’un jeune homme en jeans, veste et débardeur blanc – Galiléo – observe ce qui se passe en se cachant derrière un pilier, un haut-parleur annonce aux élèves de l’école virtuelle que l’école est finie et qu’ils doivent dégager les lieux et aller s’amuser. Les élèves crient de joie et tout le monde s’en va, sauf un professeur qui a aperçu Galiléo et l’interpelle pour lui dire de sortir et faire la fête : l’école est finie, sa vie vient juste de commencer ! Galiléo répond en bafouillant que c’est génial, plus tôt ça commence, plus tôt ça sera fini. Le professeur répond à Galiléo de se reprendre : le jeune homme a tellement de potentiel – il pourrait travailler dans la division de GlobalSoft de son choix – pourquoi pas la programmation de la musique ? Galiléo rétorque qu’il ne veut pas programmer de la musique : il veut faire de la musique – de la vraie musique, sa musique à lui !

We Will Rock You, la comédie musicale de 2002

We Will Rock You, la comédie musicale de 2002

We Will Rock You, la comédie musicale de 2002

We Will Rock You, la comédie musicale de 2002

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Charlie, le film de 1984Feu vert cinéma

Firestarter (1984)

Sorti aux USA le 11 mai 1984.
Sorti en Angleterre le 15 mai 1984.
Sorti en France le ???
Sorti en blu-ray américain le 2 septembre 2014 (multi-région, sous-titré français, image et son corrects).
Sorti en blu-ray américain le 14 mars 2017 édition collector (région A, anglais seulement, images et sons meilleurs).

De Mark L. Lester ; sur un scénario de Stanley Mann ; d'après le roman de Stephen King ; avec David Keith, Drew Barrymore, Freddy Jones, heather Locklear, Martin Sheen, George C. Scott, Art Carney, Louise Fletcher, Moses Gunn. Musique de Tangerine Dream.

Pour adultes et adolescents.

Washington DC, la nuit. Un père portant sa petite fille fuit dans la foule, bousculant les passants sur son passage. Une voiture noire avec trois hommes à bord en costume cravate les suivent à distance, roulant presque lentement. L’homme le plus âgé, qui occupe le siège du passager, dit au conducteur de ne pas lâcher le père, de ne pas lui donner trop d’avance. Tandis que le père traverse une rue, la petite fille se plaint : elle est fatiguée, est-ce qu’ils ne peuvent pas s’arrêter ? Il y a personne dans les ruelles et elles sont de plus en plus sombres. Le père lui répond que c’est ce qu’ « ils » voudraient bien.

La petite fille répète qu’elle a peur ; son père lui répond qui lui aussi, mais qu’elle doit s’accrocher et être aussi légère qu’une plume. De la voiture, l’homme âgé commente que le père les a vus – quoi que les autres fassent, il ne faut le regarder dans les yeux, il peut leur faire faire ce qu’il veut… L’autre répond qu’il a compris et il annonce qu’il va lui couper la route au coin de la rue. Puis l’homme le plus âgé donne l’ordre d’attraper le père, et il sort par l’avant tandis que l’homme sur la banquette arrière sort en même temps. Les deux hommes se mettent à courir.

La petite fille crie alors à son père qu’ « ils » arrivent. Le père traverse la rue, et se précipite vers un taxi jaune en l’appelant. Il jette sa fille à l’arrive du taxi, monte à son tour, fixe les yeux du chauffeur dans le rétroviseur, et collant les paumes de ses mains à ses tempes, ordonne au taxi de rouler. Les deux hommes en complet veston se précipitent sur le taxi et disent au chauffeur de s’arrêter. Le père répète de rouler et ils distancent leurs poursuivants. Le chauffeur de taxi demande alors où ils vont, mais se fâche quand le père lui répond de les conduire à l’aéroport : il ne veut pas y aller. Le père tend un billet de cinq cent dollars, que le taxi prend, puis se concentre à nouveau et répète son ordre de rouler. Puis il s’affaisse et commence à rêver…

…Il fait jour. Avec une dizaine d’autres volontaires, jeunes et des deux sexes, ils se sont assis sur des lits d’hôpital alors qu’un vieil homme en blouse blanche leur annonce qu’ils vont donner à chacun d’eux une injection. Cinq des injections seront seulement de l’eau ; les cinq autres seront un mélange d’eau et d’une petite dose d’une formule chimique qu’ils appellent « Lot Six ».

Le médecin, Wanless, précise que la nature exacte du produit est secrète, mais c’est en gros un hypnotique et un hallucinogène léger. Il ajoute qu’ils emploieront la méthode du double bandeau, ce qui signifie que ni eux, ni lui ne sauront qui a reçu la dose sans produit et qui, l’autre, en tout cas, pas dans l’immédiat. Les cobayes resteront ensuite sous surveillance étroite pendant les prochaines quarante-huit heures. Puis Wanless demande s’il y a des questions. Immédiatement un jeune homme blond barbu demande si cette expérimentation est conduite par « La Boutique », une agence du gouvernement des États-Unis censée être secrète. Wanless le nie absolument.

Puis une jeune femme blonde lève la main : elle veut savoir quand elle aura son argent. Son voisin, un jeune homme brun – en fait le père de la petite fille en train de rêver sourit largement, approuvant la question. Wanless sourit à son tour, et assure qu’elle sera payée juste après l’expérience, avec les autres étudiants qui y participent. Les jeunes cobayes applaudissent alors avec enthousiasme. Le voisin de la blonde se penche et déclare que lui aussi est fauché, et tandis que Wanless annonce le début des injections, il se présente comme Andy McGee, et la jolie blonde lui répond qu’elle est Vicky Tomlinson. Ils se serrent la main, et elle avoue qu’elle est un peu nerveuse quand à cette expérience : et s’ils faisaient un mauvais trip ? Andy est rassurant : ils n’auront probablement droit qu’à l’eau distillée…

L’expérience commence. Un jeune moustachu respire bruyamment, couvert de sueur. Pendant ce temps une jeune femme brune aux cheveux longs se met à rire. Rien ne semble arriver à Vicky ou à Andy, qui sourit en entendant Wanless demander à une jeune femme si elle souffre, mais elle lui répond qu’elle sent seulement de la pression, de la mauvaise pression. Wanless assure que cela passera.

Puis Wanless vient demander à Andy comment il se sent, et celui-ci demande quand est-ce qu’ils vont rétrécir. La voix du jeune homme résonne étrangement. Wanless demande alors si Andy croit qu’il va rétrécir… Andy veut répondre, mais sa voix ralentit considérablement tandis qu’il répète le mot « rétrécir ». Wanless hoche la tête et lui assure que c’est très bien. Andy se tourne alors vers Vicky en souriant, et répète « très bien », mais sa voix tressaute. Vicky lui sourit en retour et ils se regardent dans les yeux.

Dans la salle, une femme crie plusieurs fois qu’elle ne sent plus ses mains et Vicky sourit plus largement puis dit à Andy que c’est un joli compliment. Andy répond étonné qu’il n’a rien dit. Vicky lui assure que oui. Andy demande ce qu’il a dit, et Vicky répond qu’il lui a dit que ses cheveux étaient magnifiques, comme du cuivre en feu. Andy confirme, puis répète qu’il ne l’a pas dit, il l’a juste pensé. Comme Vicky sourit à nouveau, Andy pense alors qu’il aime la jeune femme, et cela depuis mille ans – il tend sa main, elle l’attrape et répond sans parler que cela fait un bout de temps alors – et qu’elle l’aime aussi.

Puis Andy redresse la tête : un des jeunes hommes convulse sur son lit ; à côté, une jeune femme se contorsionne – et le jeune barbu blond hurle, saignant abondamment des yeux, tandis que le docteur Wanless a l’air complètement dépassé…

Charlie, le film de 1984

Charlie, le film de 1984

Charlie, le film de 1984

Charlie, le film de 1984

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Doc Savage arrive ! le film de 1975 Feu rouge cinéma

Doc Savage : Man Of Bronze (1975)

Sorti aux USA en juin 1975.
Sorti en Angleterre le 13 juillet 1975.
Sorti en France le 27 août 1975.
Sorti en blu-ray américain le 1er novembre 2016 (multi-régions, image apparemment bonne, anglais sous-titré anglais seulement - plus de détails sur les côtés que le DVD, une petite bande d'image en moins en bas.

De Michael Anderson ; sur un scénario de Joe Morheim et George Pal ; d'après le roman The Man of Bronze: A Doc Savage Adventure de 1933 de Lester Dent ; avec Ron Ely, Paul Gleason, William Lucking, Michael Miller, Eldon Quick, Darrell Zwerling, Paul Wexler, Janice Heiden, Robyn Hilton, Pamela Hensley, Bob Corso, Carlos Rivas, Chuy Franco, Alberto Morin, Victor Millan, Jorge Cervera Jr., Freddie Roberto, Michael Berryman.

Pour adultes et adolescents.

Le cercle de l’arctique, 1936. Un drapeau américain approche rapidement au-dessus d’une crête enneigée, dans un vrombissement de moteur à essence. Le drapeau surmonte en effet une motoneige qui vient se ranger au bas d’un grand igloo. Sur l’avant de la motoneige est gravé un logo au nom de Doc Savage. Doc Savage, car c’est lui, coupe le contact de la motoneige, se relève du siège et rabat sa capuche fourrée, puis retire ses lunettes de soleil. Grand, blond, athlétique et l’air satisfait, Savage décharge un grand sac marin de la motoneige, appuie de la paume de la main en un point de l’igloo. Alors la glace se fissure, un pan de mur s’écroule, révélant les ventaux d’une porte de métal qui s’écarte sur son passage.

Savage entre dans l’igloo, dont l’entrée est décorée à l’intérieur d’une pancarte indiquant « Forteresse de solitude ». Il jette alors négligemment son sac marin sur le côté de l’entrée, tandis que la forteresse de solitude se révèle être un vaste salon circulaire confortablement meublé. Comme les portes se referment, un feu s’allume tout aussi automatiquement au centre de la pièce et tranquillement, Savage retire son manteau de fourrure, et va s’installer dans le fauteuil à côté du feu pour lire le premier livre épais d’une haute pile à son côté.

La forteresse de solitude est en effet le lieu où Savage se retire de temps en temps de l’agitation du monde pour se concentrer et étendre encore davantage ses vastes connaissances, étudier l’astronomie à l’aide du télescope installé sous une meurtrière de l’igloo – les planètes, les étoiles, l’univers ; ou bien encore travailler sur ses inventions qui peut-être un jour seront utiles à l’Humanité – Savage ayant installé un atelier dans une autre partie du salon… Et de pêcher un gros poisson à l’aide d’un étrange trépied lance-fusée dont la cloche se met à sonner après le décollage et la remontée du poisson hors du trou dans la glace.

Doc Savage peut non seulement faire confiance à son cerveau, mais également à un groupe de cinq hommes : l’avocat et brigadier « Ham » Brooks, gringalet et moustachu ; Le lieutenant-colonel « Monk » Mayfair, le chimiste gras, rougeau et aux grands favoris roux, un petit cochon – Habeas Corpus – cochon pas rassuré sous le bras tandis qu’il dose à vue un mélange chimique fumant. Le troisième membre du groupe est l’ingénieur-colonel « Renny », John Renwick, constructeurs de ponts suspendus et de gratte-ciels ; le quatrième est « Johnny », William Harper Littlejone, un autre gringalet binocleux, archéologue et géologue ; et pour compléter le quintet, « Long Tom » alias Thomas J. Roberts, électricien et major. Mais revenons à Savage : l’athlète médite à présent en tailleur dans la neige et sans bleuir alors qu’il ne porte qu’une serviette autour de la taille. Soudain, il se lève et retourne dans l’igloo, non pas parce qu’il s’est gelé quelque chose, mais parce que…

La ville de New-York, toute illuminée la nuit. Un taxi jaune passe sans s’arrêter devant la devanture d’une agence de vente de ticket de spectacles sur Broadway. Un couple est justement en train de consulter les affiches tandis qu’un ivrogne passe, traversant la rue en titubant. Le couple s’en va avec le sourire… Au même instant, un indien d’amérique du sud en pagne escalade la façade d’un grand immeuble de briques, sans que personne ne l’ait remarqué. Le bout de ses doigts est peint en rouge et il porte sur la poitrine un tatouage de serpent vert. Il est armé non seulement d’un poignard mais également d’un fusil à lunettes moins traditionnel – et se hisse au sommet d’une corniche.

De là, il scrute la ville, et repère la baie vitrée illuminée d’un appartement luxueux où l’on dîne, appartement situé à l’angle d’un autre gratte-ciel, orné d’une tête d’aigle en guise de gargouille. L’indien sort alors son fusil à lunettes et le pointe en direction de l’appartement, et dans son viseur apparait d’abord le visage de « Ham » Brooks, l’avocat de Savage ; puis Monk le chimiste et son cochon. L’indien baisse alors son fusil et attend. Dans l’appartement, décoré d’objets archéologiques, les portes de l’ascenseur art-déco s’ouvrent, et c’est Savage, en tenue de ville, qui en sort, deux valises et son pardessus à la main. Les cinq hommes de son groupe, qui attendaient dans le salon, se lèvent et l’un d’eux le salut. Savage avance, pose ses valises et déclare que quelque chose ne va pas – et il demande aux autres ce que c’est.

Renny s’étonne : comment Diable Savage l’a-t-il su ? Savage répond qu’il a intercepté une onde mentale et est revenu aussi vite qu’il le pouvait. Alors Ham, l’avocat, s’avance, gêné, et comme à dire que c’est en rapport avec le père de Savage. Il est décédé la semaine dernière, en Amérique du Sud, dans un petit pays, la république d’Hidalgo. Il aurait apparemment contracté une maladie tropicale rare. Sans un mot, Savage va s’appuyer à la cheminée. Alors l’indien pointe à nouveau son fusil, sur la nuque de Savage, mais comme Ham reprend son histoire, il se place sans le savoir entre la nuque de Savage et le tireur : le père de Savage a envoyé une enveloppe juste avant de mourir, dont le contenu ne devait être lu que par Savage. Ham a donc enfermé l’enveloppe dans le coffre-fort de Savage.

Savage regarde la pendule du salon, qui indique minuit moins vingt. Puis il regarde sa montre, et change l’heure des minutes, et l’aiguille des minutes de la pendule du salon se synchronise avec celle du bracelet-montre de Savage. Savage change encore plusieurs fois l’heure des minutes – et le devant de la pendule s’ouvre avec un déclic, révélant l’intérieur d’un coffre-fort. Comme Savage marche alors vers la pendule, l’indien tente à nouveau d’ajuster son tir. Comme Savage est face au coffre-fort, de profil, immobile – l’indien tire. La baie vitrée est percée, mais Savage est indemne. Il referme le coffre et se précipite à un commutateur pour éteindre les lumières, tandis que tous les autres s’abritent et que le cochon gémit fortement. L’indien fait alors feu plusieurs fois, en direction cette fois des membres du groupe de Savage. Puis il tente de redescendre de son promontoire.

Alors les hommes de Savage n’entendent plus de tir, et chacun sort de sa cachette et Savage lui, va retirer à mains nues une balle du mur : elle provient d’un fusil à éléphant. Puis il se rend dans la tête d’aigle et pointe par l’œil de bœuf, qui fait également l’œil de l’aigle, un dispositif lui permettant de détecter les ondes de chaleur du fusil de l’indien encore chaud – et trouve l’immeuble d’où est en train de descendre l’assassin. En conséquence, tout le monde descend au garage et dans l’ascenseur, Johnny l’archéologue se félicite que Savage ait fait installer des vitres réfléchissantes : elles décalaient l’image du salon de cinq pouces vers la gauche, ce qui a fait rater d’autant tous les tirs de l’assassin.

Doc Savage arrive ! le film de 1975

Doc Savage arrive ! le film de 1975

Doc Savage arrive ! le film de 1975

Doc Savage arrive ! le film de 1975

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